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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 09:08

Les coups de cœur de Béatrice

 

Quoi qu'il arrive de Laura Barnett

En 1958, Eva a dix-neuf ans, elle est étudiante à l'université de Cambridge et amoureuse de David, un acteur follement ambitieux. En chemin pour un cours, son vélo roule sur un clou. Un homme, Jim, assiste à la scène. Que va-t-il se passer ? Ce moment sera déterminant pour leur avenir commun. Un point de départ, trois versions possibles de leur histoire : le roman suit les différents chemins que les vies de Jim et d'Eva pourraient prendre après cette première rencontre.

Le roman est un peu déroutant au départ dans sa construction ; il n'est pas toujours facile de savoir dans laquelle des trois versions on se trouve. Mais au final, c'est une bien agréable lecture.

 

Les cahiers d'Esther : histoires de mes 11 ans de Riad Sattouf

Les Cahiers d'Esther sont écrits d'après les histoires vraies racontées chaque semaine à Riad Sattouf par une véritable écolière, Esther A. Chaque album comprend 52 histoires, pour les 52 semaines de l'année. Le projet de Riad Sattouf est de suivre la vie d'Esther de ses 10 ans jusqu'à ses 18 ans, au rythme d'un album par an. Dans ce deuxième tome, Esther est en CM2. Elle raconte la naissance de son petit frère, les attentats, les garçons dont elle est amoureuse, les discussions sur Dieu avec sa meilleure amie, sa maîtresse naine, sa mère qui a grossi, son grand frère débile et son père ce héros...

Lorsqu'elle avait lu le premier tome de L'Arabe du futur ou les histoires de mes 10 ans, épisode précédent des cahiers d'Esther, Béatrice s'était déjà étonnée de l'absence de la mère ou de son peu d'envergure. Dans ce nouvel album BD, Esther parle plus de sa mère mais Béatrice est assez choquée de la façon dont elle en parle. Question : Sattouf a-t-il un problème avec les mères ? En tout cas, cette BD est bien destinée aux adultes.

 

 

L'oeuvre de Jiro Taniguchi

Suite à son décès en février 2017, la presse a remis en avant l'oeuvre de Jiro Taniguchi ce qui permet à Béatrice de le découvrir. Elle a déjà lu Un ciel radieux qu'elle a trouvé un peu simpliste, mais aussi L'Orme du Caucase qu'elle recommande, notamment pour son côté très apaisant.

 

 

 

Les coups de cœur de Linden

 

La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben

Les citadins regardent les arbres comme des "robots biologiques" conçus pour produire de l'oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d'un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement "Bois Wide Web".

Linden a trouvé cet essai tout à fait intéressant sur les comportements sociaux des arbres. Elle reconnait par ailleurs que le style n'est pas très soigné.

 

Etre à distance de Carla Guelfenbein

Vera Sigall, romancière octogénaire aussi discrète qu'adulée, est retrouvée inconsciente au pied de son escalier, victime d'une chute supposément accidentelle - mais une porte dérobée de sa maison est restée entrouverte... Son ami Daniel, de cinquante ans son cadet, architecte sans illusion et mari mal aimé, est troublé par les conclusions de l'enquête. Dans la salle d'attente de l'hôpital, il fait la connaissance d'Emilia, étudiante franco-chilienne qui consacre sa thèse à l'oeuvre de la romancière.

Dans ce roman choral, Daniel, Emilia et Horacio, ancien amant et rival littéraire, vont tour à tour nous faire découvrir Vera et sa vie. Ce sont aussi des liens forts qui vont se tisser entre eux. Un très beau roman, très bien écrit.

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 09:11

Le coup de cœur de Fanfan

 

Le cas Malaussène : tome 1 ils m'ont menti de Daniel Pennac

«Ma plus jeune sœur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu C’Est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion. Les voici adultes dans un monde on ne peut plus explosif, où ça mitraille à tout va, où l’on kidnappe l’affairiste Georges Lapietà, où Police et Justice marchent la main dans la main sans perdre une occasion de se faire des croche-pieds, où la Reine Zabo, éditrice avisée, règne sur un cheptel d’écrivains addicts à la vérité vraie quand tout le monde ment à tout le monde. Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle.» Benjamin Malaussène.

Fanfan est une inconditionnelle de Pennac. Ce roman de la série des Malaussène, inaugurée en 1985 par "Au bonheur des ogres", est un peu politique. L'intrigue et l'écriture ont l'air foutraque, mais tout se tient.

 

Les coups de cœur de Catherine

 

Géographie de nos amours de Rebecca Walker

Étudiante à Yale, la narratrice est une jeune Afro-Américaine qui se cherche encore. Elle décide de prendre une année sabbatique pour partir en compagnie de son amie Miriam, de deux ans son aînée, à la découverte du continent africain. Le Caire, d’abord, les superbes pyramides de Gizeh, l’ambiance urbaine de Nairobi, la ville côtière de Malindi, puis l’île de Lamu, au milieu de l’Océan Indien. Là, elle rencontre Adé. C’est le coup de foudre immédiat. Tandis que Miriam continue son périple, elle décide de rester sur cette île paradisiaque.
Adé lui donne le prénom musulman de Farida, « la femme qui est exceptionnelle » et ils décident de se marier. Mais Farida contracte la malaria, et les voilà tous deux pris dans les feux de la guerre civile qui éclate. Leur amour si pur, si intense, pourra-t-il y résister ?

Pour Catherine, le premier tiers de la narration ne présente pas beaucoup d'intérêt. En revanche, à partir de l'arrivée des protagonistes au Kenya, l'histoire lui a beaucoup plu avec sa trame autour de la problématique du mariage mixte et de la rencontre de cultures différentes.

 

Les humeurs insolubles de Paolo Giordano

Pendant des années ils se sont abandonnés à ses soins, à la sécurité qu’elle leur transmettait : madame A., la servante au grand cœur, a élevé avec amour le petit Emanuele et materné ses parents, faisant face à toutes leurs incertitudes. Aussi, quand elle s’éloigne discrètement pour affronter seule la maladie, le monde semble s’écrouler. Nora et le narrateur s’aiment, mais cela ne suffit pas; ils se sentent soudain démunis, ne savent comment s’y prendre, et les humeurs de chacun prennent le dessus. Contrairement à ce qu’ils pensaient, les fluides qui coulent en eux ne peuvent se mélanger. Mais, avant de les quitter définitivement, madame A. saura leur insuffler le courage de prendre en main leur vie.

Catherine a vu dans ce roman, dont l'auteur avait déjà écrit "La solitude des nombres premiers", une sorte d'"anti-Slimani", c'est-à dire le contraire total du prix Goncourt 2016 "Une chanson douce". La nounou n'est pas une source d'angoisse ou de malheur, mais Paolo Giordano fait, dans une jolie écriture, le portrait d'une femme pleine d'amour qui est devenu un membre, au sens propre, de la famille.

 

Les animaux de Christian Kieffer

Niché au fin fond de l’Idaho, au cœur d’une nature sauvage, le refuge de Bill Reedrecueille les animaux blessés. Ce dernier y vit parmi les rapaces, les loups, les pumas et même un ours. Connu en ville comme le « sauveur » des bêtes, Bill est un homme à l’existence paisible, qui va bientôt épouser une vétérinaire de la région. Mais le retour inattendu d’un ami d’enfance fraîchement sorti de prison pourrait ternir sa réputation. Rick est le seul à connaître le sombre passé de Bill, que ce dernier s’est acharné à cacher pendant toutes ces années. Pour préserver son secret et la vie qu’il a bâtie sur un mensonge, Bill est prêt à tout. Au fur et à mesure que la confrontation entre les deux hommes approche, inéluctable, l’épaisse forêt qui entoure le refuge, jadis rassurante, se fait de plus en plus menaçante…

Comme beaucoup de romans américains, celui-ci est construit sur fond de nature sauvage. Il y a beaucoup de suspens et on se croirait dans un thriller.

 

Les coups de cœur de Béatrice

 

Une bobine de fil bleu de Anne Tyler

Portrait d'une vieille maison de Baltimore et de ses habitants à travers plusieurs générations, le vingtième roman d'Anne Tyler est - comme souvent - celui d'une famille trop heureuse pour être vraie. Epicentre du texte, Abby, la pièce rapportée, la femme de Red Whitshank, mère de cinq enfants devenus adultes. Elle excelle à les rassembler tous (et parfois quelques autres invités de passage) autour d'un repas ou d'une conversation. Pourtant, quand commence le récit, si tous les enfants sont de retour à Baltimore, c'est parce qu'Abby les inquiète. Comportements étranges, pertes de mémoire, le coeur de la famille Whitshank semble battre de travers. Même Denny, le fils rebelle, s'en émeut.

Anne Tyler reprend ici les thèmes qui lui sont chers : l'histoire d'une famille, son ascension sociale et ses espoirs. Les personnages ont tous une petite différence qui fait mouche. Et même s'il y a un peu moins d'intrigue que dans les précédents romans (Béatrice les a quasiment tous lu), l'auteure reste fidèle à son style et on aime !

 

Les 1000 talents d'Euridice Gusmao de Martha Batalha

L’histoire d’Eurídice Gusmão, ça pourrait être la vôtre, ou la mienne. Celle de toutes les femmes à qui on explique qu’elles ne doivent pas trop penser. Et qui choisissent de faire autrement…

Il s'agit d'un premier roman brésilien, inégal, parfois lent et tortueux qui s'éloigne par moment de l'histoire d'Euridice. Mais surtout, ce qui a mis Béatrice en colère, c'est que la quatrième de couverture ne reflète pas du tout l'histoire et l'esprit du livre.

 

 

Les coups de cœur de Linden

 

L'homme-joie de Christian Bobin

Le livre de Christian Bobin est composé de quinze récits : des portraits d’êtres aimés (son père), des rencontres (Maria l’enfant gitane, une mendiante) des figures emblématiques (Soulages, Glenn Gould, Matisse, Pascal), des visions (une branche de mimosa, une cathédrale) et une longue lettre à la femme aimée et perdue, « la plus que vive ». Entre ces récits, viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d’humanité.

Il ne s'agit pas là d'un roman, mais d'un essai littéraire sur la disparition, et notamment celle de sa femme à qui il écrit une très belle lettre, imprimée sur du papier bleu ciel dans cette édition. Christian Bobin vit à travers la nature, partage des sentiments très intimes, de ceux qui parlent à tout le monde. Sa lecture est une délectation.

 

Le mystère du monde quantique de Thibault Damour et Mathieu Burniat

Avec Bob et son chien, Rick, embarquez pour une joyeuse épopée dans les mystères du monde quantique ! La physique quantique est partout autour de nous, tant dans l'infiniment grand que dans l'infiniment petit. Mais ce qu'elle dit du monde qui nous entoure diffère de manière vertigineuse de ce qu'on observe et ressent au quotidien. Partez à la rencontre de ceux qui ont théorisé et créé la physique quantique : Planck, Einstein, le prince de Broglie, Heisenberg, Schrödinger, Bohr, Born, Everett...

D'après Linden, dire qu'elle a tout compris serait mentir, mais elle a trouvé cette BD très intéressante et très bien faite. Le dessin en noir et blanc n'est pas forcément beau, mais il est efficace.

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 13:52

Les coups de cœur de Linden

 

Antarctica ! de Luc Jacquet, Laurent Ballesta et Vincent Munier

Ils sont partis à onze pendant quarante-cinq jours. Une équipée artistique et scientifique pour montrer l'extraordinaire biodiversité terrestre et sous-marine d'un des plus beaux endroits de l'Antarctique : l'archipel de Pointe Géologie. Dirigée par le cinéaste Luc Jacquet, cette expédition est racontée par chacun de ses membres et mise en images par deux photographes, Vincent Munier, sur la banquise, et Laurent Ballesta, sous la glace.

Il y a plus de photos que de textes dans ce très beau récit d'exploration. Mais quelles photos ! Un éblouissement !

 

Le rouge vif de la rhubarbe de Audur Ava Olafsdottir

La petite Agustina, à son habitude, est descendue seule sur la plage à l'aide de ses béquilles et la force de ses bras pour méditer sur l'inconstance de la vie. Il y a longtemps que sa mère, universitaire émérite partie explorer les espèces migratoires aux antipodes, l'a confiée à la bonne Nina, experte en confitures de rhubarbe, boudins au sang de mouton et autres délices. Avec pour père de substitution épisodique Vermandur le bricoleur au grand coeur, celui-là même qui vit accoucher en catastrophe la mère célibataire d'Agustina sur la banquette arrière de sa vieille automobile.

Il s'agit du premier roman de cette auteure islandaise qui parait alors qu'elle a déjà publié trois autres titres aux éditions Zulma, tous très appréciés. Linden a aimé cette histoire pour le courage de l'héroïne qui a un rêve. Il y a beaucoup de tendresse et même tout ce qui pourrait paraître hors norme dans le récit fait partie intégrante du quotidien.

 

Le coup de cœur de Fanfan

 

Numéro 11 : quelques contes sur la folie des temps de Jonathan Coe

Rachel et son amie Alison, dix ans, sont très intriguées par la maison du 11, Needless Alley, et par sa propriétaire qu'elles surnomment la Folle à l'Oiseau. D'autant plus lorsqu'elles aperçoivent une étrange silhouette à travers la fenêtre de la cave. Val Doubleday, la mère d'Alison, s'obstine quant à elle à vouloir percer dans la chanson, après un unique succès oublié de tous. En attendant, elle travaille - de moins en moins, restrictions budgétaires obligent - dans une bibliothèque et trouve refuge dans le bus numéro 11, pour profiter de son chauffage et de sa chaleur humaine.

Il n'est pas facile de résumer ce roman qui est dans la même veine que Testament à l'anglaise : un roman politique, engagé. Pour Fanfan, Jonathan Coe est le Ken Loach de la littérature anglaise.

 

Les coups de cœur de Béatrice

 

La petite boutique japonaise de Isabelle Artus

La jolie Pamela qui - allez savoir pourquoi - voulait devenir geisha, grandit dans un pavillon à Melun-Sénart. Autant dire que ce n'était pas gagné d'avance. Pendant ce temps, après une enfance morose rythmée par les épisodes de la série Kung Fu, le jeune Thad fini par devenir un homme... de main. Leur histoire vous apprendra que pour trouver l'amour, il faut d'abord se connaître soi-même et en passer par maintes aventures et autres rebondissements au pays du Soleil levant.

Même s'il est beaucoup question du Japon, le roman se déroule en France. La rencontre des deux protagonistes est improbable. Le ton est drôle, léger. Les têtes de chapitre ont été soignées et font l'objet d'un intitulé original et inattendu.

 

Voici venir les rêveurs de Imbolo Mbue

Aux États-Unis et au Cameroun, en 2007. Nous sommes à l'automne 2007 à New York et Jende Jonga, un immigrant illégal d'origine camerounaise, est en passe de réaliser son rêve : après avoir été plongeur et chauffeur de taxis, il vient de décrocher un emploi de chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier à la Lehman Brothers. Pour Jende, tout est désormais possible : il va enfin pouvoir offrir à Neni, son amoureuse, les études de pharmacienne dont elle rêve. Grand prix littéraire de l'Afrique noire ADELF 2017.

C'est un roman très beau, mais très triste sur l'échec du rêve américain. Il n'y est pas question de ségrégation raciale, mais sociale.

 

Le jour où Anita envoya tout balader de Katarina Bivald

L'été de ses 18 ans, Anita Grankvist s'était fixé trois objectifs dans la vie : apprendre à conduire une moto, acheter une maison et devenir complètement indépendante. Presque vingt ans plus tard, Anita est certes indépendante, mais n'a toujours pas réalisé ses deux autres rêves. Elle mène une petite vie tranquille, seule avec sa fille, et travaille au supermarché local. Le départ d'Emma pour l'université va bouleverser ce quotidien un peu plan-plan.

Par l'auteur de La bibliothèque des coeurs cabossés et dans la même veine, cette histoire légère met de bonne humeur. Ce n'est pas un luxe par les temps qui courent...

 

Les coups de cœur de Catherine

 

L'échappée belle du bibliobus de David Whitehouse

À douze ans, Bobby passe ses nuits à répertorier cheveux, vêtements et autres traces de la vie de sa mère en attendant son retour… qui ne viendra pas. Cette dernière est morte brutalement, et le jeune garçon n'est pas prêt à l'accepter. Battu par son père, Bobby se croit seul au monde jusqu'au jour où il rencontre Val et sa fille handicapée, Rosa. Tous trois nouent des liens très forts et passent un été magique parmi les livres du bibliobus où Val est femme de ménage.Mais, bientôt, une rumeur sur la nature de la relation entre la mère célibataire et l'adolescent se propage dans la ville.

L'écriture n'a rien de remarquable, mais c'est une histoire extrêmement sympathique construite sous la forme d'un road-movie. L'intrigue est bien menée et les bons sentiments font du bien.

 

 

Le fils de mille homme de Valter Hugo Mae

Crisostomo, un pêcheur solitaire, décide à quarante ans de prendre son destin en main. Il s'invente une famille, comme si l'amour était avant tout la volonté d'aimer. Il choisit un fils en apprivoisant le petit orphelin abandonné par le village, puis une femme au passé tourmenté les rejoint, et autour de ce noyau se forme une famille peu commune de laissés-pour-compte et d'éclopés. Ce bricolage affectif se révèlera inventif et profitable pour tous et éveillera entre les membres de cette communauté un amour bienveillant et généreux. 

L'auteur construit des personnages étranges aux vies pleines de vicissitudes et dont la rencontre va construire un type de rapports et d'amour particulier à chacun. Ce texte sensible et humain au style ciselé est un éloge de tous ceux qui résistent aux injonctions de l'évidence. Cette expérience d'amour de l'humanité explique finalement comment le rêve change la vie. Une fable bien écrite dans une langue poétique et enchanteresse.

 

J'ai vu un homme de Owen Sheers

Michael Turner pénètre en leur absence dans la maison de ses amis londoniens, Josh et Samantha Nelson. Il déambule de pièce en pièce, s'attardant sur les photos de famille. Un bruit vient interrompre cette étrange inspection : il découvre le corps sans vie de la petite fille du couple. Le doute plane : est-il un simple témoin ou un redoutable manipulateur ? Car Michael est un personnage énigmatique : il a quitté New York après le décès de sa femme, Caroline, journaliste tuée au Pakistan. Il agit toujours en ami parfait, attentionné. Presque trop. Que cache cette façade lisse ? Est-ce sa manière à lui d'oublier le chagrin ?  

J'ai vu un homme est un roman qui tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page, livre sur le deuil et la culpabilité, les personnages y sont tout à la fois victimes et coupables, un peu comme nous tous. Formidable voyage dans des mondes intérieurs où chacun de nous peut se projeter !

 

La maison des hautes falaises de Karen Viggers

Afin d'échapper à des souvenirs douloureux, Lex Henderson part s'installer dans un petit village côtier, loin de tout. Les promenades sur la plage et la contemplation des richesses de la nature lui permettent de reprendre goût à la vie. Lui qui n'avait plus rien ressenti depuis si longtemps se voit renaître. Il fait alors la connaissance de Callista Bennett, artiste locale aux fêlures proches des siennes.  

Voici l'occasion d'un beau voyage en Australie, avec même des observations très documentées sur le sauvetage des baleines (l'auteur est aussi vétérinaire).

 

L'ombre de Gray Mountain de John Grisham

Nous sommes en 2008. La carrière de Samantha Kofer dans un grand cabinet d'avocats de Wall Street est sur des rails dorés... Mais la récession frappe soudain. La jeune femme se retrouve du jour au lendemain au bas de l'échelle, limogée, raccompagnée vers la sortie, quasiment jetée dehors par une escorte de vigiles. Samantha a toutefois de la "chance" dans son malheur ; un cadeau de ses supérieurs : si elle accepte de travailler gratuitement pendant un an dans un centre d'aide juridique, elle pourra peut-être réintégrer sa place au cabinet.  

John Grisham a lui-même été avocat et il raconte dans ce roman les dessous d'un dossier environnemental en pays minier.

 

 

 

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 08:10

Le coup de cœur de Fanfan

 

Afficher l'image d'origine Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia

Michel Marini avait douze ans en 1959. C'était l'époque du rock'n'roll et de la guerre d'Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l'arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient passé le Rideau de Fer pour sauver leur peau. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, trahi leurs idéaux et tout ce qu'ils étaient. Ils s'étaient retrouvés à Paris dans ce club d'échecs d'arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu'ils étaient tous d'incorrigibles optimistes.

En lisant ce roman, Fanfan a ressenti une forte nostalgie de cette époque, du Paris des années 60 qu'elle a bien connu.  Une histoire très romantique à travers la dure vie de ces réfugiés politiques des pays de l'Est qui jamais ne se plaignent.

 

Le coup de cœur de Linden

 

Afficher l'image d'origine Continuer de Laurent Mauvignier

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu'à aujourd'hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter. Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu'elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

Ce livre est très bien écrit, mais glaçant, le Kirghizistan étant un pays très froid. Au fur et à mesure de la lecture du journal intime de l'héroïne, on apprend ce que fut son passé, ce qui éclaire ce qu'elle est aujourd'hui. Le mal-être de Sibylle est palpable, mais elle a cet objectif d'aider son fils à aller vers une rédemption.

 

Les coups de cœur de Catherine, avec des "mais"

Afficher l'image d'origine The girls de Emma Cline

Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n'a que Connie, son amie d'enfance. Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle dune secte et de son leader charismatique, Russell.

Ce livre est très bien écrit, mais le sujet sur le mécanisme violent des sectes, inspiré d'un fait divers réel, est dur à supporter.

 

Afficher l'image d'origine Aux petits mots les grands remèdes de Michaël Uras

Alex, notre héros passionné par les livres, a choisi d’exercer le métier peu commun de bibliothérapeute. Sa mission : soigner les maux de ses patients en leur prescrivant des lectures. Yann, l’adolescent fragile qui s’est fermé au monde ; le cynique Robert, étouffé par son travail et qui ne sait plus comment parler à sa femme ; Anthony, la star de football refusant de s’avouer certaines de ses passions... Tous consultent Alex. Mais qui donnera des conseils au bibliothérapeute lui-même ?

Le sujet a évidemment aimanté Catherine. Les conseils de lecture - surtout des classiques -  l'ont beaucoup intéressée, mais l'histoire personnelle du bibliothérapeute n'est vraiment pas passionnante.

 

Afficher l'image d'origine Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau

Marié à une jolie rousse, père d'une petite fille, Albert vit paisiblement au bout du RER parisien. Un jour qu'il traîne au lit avec sa femme, il laisse le téléphone sonner. Le répondeur se déclenche : sa mère est morte. Albert décide de faire le point et s'enferme seul avec l'urne maternelle dans la propriété familiale de Mayenne, une grande maison cerclée de plusieurs hectares de bois. Une idée l'obsède : trouver une chanson pour la cérémonie funèbre – une chanson qui dira à tous, et mieux que n'importe quel discours, qui était cette femme sensible et indépendante. Mais une nuit, il est réveillé par des bruits étranges. Dans l'aile ancienne du bâtiment, les murs chantent…  Les échos font revenir le passé. Et puis, il y a cette légende familiale qui dit qu'un ermite erre dans la forêt. Commence alors la lente remontée des souvenirs, et avec elle, celle des secrets d'une mère que seul un fils pouvait entendre.

Un très beau roman avec une atmosphère particulière où il est question de forêt, de maison de famille et de souvenirs d'enfance. Mais dans le dernier quart, le récit bascule dans le bizarre et le fantastique ce qui a cassé l'atmosphère magique que Catherine appréciait tant depuis le début.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 13:13

Les coups de cœur de Béatrice

 

 

Afficher l'image d'origine Le Mystère Henri Pick de David Foenkinos

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef-d'oeuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses...

Un roman très original qui mélange tous les acteurs du monde du livre, mais aussi la Bretagne.

 

 

Afficher l'image d'origine Culottées (tome 1) : des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent de Pénélope Bagieu

Margaret, actrice « terrifiante », spécialisée à Hollywood dans les rôles de méchante ; Agnodice, gynécologue de l'Antiquité grecque qui dut se déguiser en homme pour exercer ; Lozen, femme apache, guerrière et chamane ; Annette, sirène australienne qui inventa le maillot de bain féminin… Pénélope Bagieu brosse avec humour et finesse quinze portraits de femmes, combattantes hors normes, qui ont bravé la pression sociale de leur époque pour mener la vie de leur choix.

Cette BD est très différentes de celles faites précédemment par Pénélope Bagieu, notamment la série des "Joséphine". Les portraits sont ceux de femmes dont nous n'avons jamais entendu parler et qui ont pourtant existé et eu des vies hors du commun.

 

Les coups de cœur de Catherine

 

Afficher l'image d'origine L'Insousiance de Karine Tuil

En 2009, de retour d'Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes au cours d'une embuscade tendue par les talibans, le lieutenant Romain Roller souffre d'un syndrome de stress post-traumatique. Durant le sas de fin de mission qui a lieu sur l'île chypriote de Paphos, il a une liaison passionnée avec une jeune journaliste et romancière, Marion Decker. Il revoit également Osman Diboula, un ancien éducateur social, fils d'immigrés ivoiriens, qu'il a connu pendant son enfance à Clichy-sous-Bois, et devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité montante de la vie politique française. Prix Landernau des lecteurs 2016.

Malgré le titre, il n'est pas ici question d'insouciance puisque tous les personnages du roman l'on perdu. Catherine a beaucoup aimé cette histoire qui parle aussi du besoin de reconnaissance des gens issus des banlieues. Et s'il y a beaucoup de violence, le propos est aussi de dire que l'on peut se reconstruire sur ses blessures.

 

Afficher l'image d'origine Les Maraudeurs de Tom Cooper

A Jeanette, en Louisiane, on survit tant bien que mal grâce à la pêche, de génération en génération, mais depuis le passage de l'ouragan Katrina rien n'est plus pareil. Et quand la marée noire vient polluer les côtes, les habitants sont de nouveau confrontés au pire. Parmi eux, Gus Lindquist, un pêcheur manchot accro aux antidouleurs, qui rêve depuis toujours de trouver le trésor caché de Jean Lafitte, le célèbre flibustier, et parcourt le bayou, armé de son détecteur de métaux. Premier roman étranger parmi les 20 meilleurs livres de l'année 2016 élus par la rédaction de Lire.

La Louisiane et le bayou sont presque les personnages principaux de ce roman. Et pourtant, il y a beaucoup d'habitants, tous plus étonnants les uns que les autres, dans cette région hostile.

 

 

Les coups de cœur de Linden

 

Afficher l'image d'origine Libertango de Frédérique Deghelt

Luis est né en 1935. D'origine espagnole, il vit à Paris avec ses parents et ses soeurs. Luis est handicapé, son côté gauche fonctionne mal, sa démarche est hésitante, sa diction souvent difficile. Dans cette famille ulcérée par la présence d'un enfant abîmé, Luis n'est porté par aucune confiance tutélaire. L'oreille collée au transistor, il s'échappe, grandit en écoutant, en découvrant l'enlacement des arpèges, la beauté des concertos, cantates et symphonies, et chaque partition lui devient peu à peu territoire de savoir.

Pour Linden, même si elle avait bien aimé les précédents romans de Frédérique Deghelt, notamment "La grand-mère de Jade", celui-ci est d'une autre envergure. Il est consacré entièrement à la musique - on y rencontre Astor Piazzolla. C'est le regard passionnant d'un vieil homme sur son passé, passionnant, malgré quelques passages un peu techniques et redondants sur la musique.

 

Afficher l'image d'origine Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci

A l'âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d'une femme qu'il n'a fait qu'entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s'installe dans une usine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d'ermite, adonné à l'art du "washi", papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, un jeune horloger arrive chez Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles.

La mise en page du texte est particulière, très aérée, à la manière des haïkus. C'est un roman avec beaucoup de silences, ce qui fait du bien. Il s'agit en fait plus d'une longue nouvelle que d'un roman, une histoire sur le temps, très poétique.

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 10:27

Le club lecture s'est déroulé en effectifs réduits, mais a permis du coup de nombreux échanges qui ne sont pas retransmis ici puisque nous vous livrons uniquement la substantifique moelle. Pour le reste, vous pouvez nous rejoindre en vous faisant connaître auprès des bibliothécaires.

Vous ne voyez plus apparaître les coups de coeur de Véronique puisque la totalité des lectures de la bibliothécaire apparaît maintenant dans la rubrique Table de nuit de la bibliothécaire.

 

Les coups de cœur de Béatrice

 

 

Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos

Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Fiancée de force à l'un des héritiers d'un clan du Pôle, elle quitte à regret le confort de sa famille. La jeune femme découvre ainsi la cour du Seigneur Farouk, où intrigues politiques et familiales vont bon train. Loin de susciter l'unanimité, son entrée dans le monde devient alors l'enjeu d'un complot mortel. Les fiancés de l'hiver est le premier tome de la saga La Passe-miroir.

C'est le gros coup de coeur de Béatrice. Il faut absolument découvrir le premier tome de cette trilogie dont seulement 2 tomes sont disponibles (le troisième sortira en 2017). On y trouve un mélange entre le monde de la fantasy et Angélique marquise des anges. Tout un programme. A proposer également aux ados à partir de 15 ans.

 

 

Une comédie des erreurs de Nell Zink

Dans une petite université au fin fond de la Virginie, une jeune lesbienne idéaliste tombe amoureuse de son professeur de poésie, réputé pour ses frasques homosexuelles. Improbable mais pas impossible - nous sommes au milieu des années 1960 -, quoique peu recommandable. S'ensuivent quelques nuits d'amour torrides, une grossesse inattendue, un mariage à la va-vite, un deuxième enfant pour redresser le tir et, faute d'y parvenir, un ressentiment qui tourne à la haine mutuelle qui se transforme en envies de meurtre. Dans cette comédie inouïe d'audace et d'intelligence, les Blancs sont noirs, les riches sont pauvres, les homos hétéros et vice-versa. Bien-pensants, conservateurs, utopistes, narcissiques, hippies et intellos : tous se croiseront au détour de situations rocambolesques, et personne n'en sortira indemne.

La lecture de ce début de roman s'est d'abord révélée poussive, mais à la tentative suivante, Béatrice a suivi avec intérêt les personnages de ce roman américain.

 

 

La gifle de Christos Tsiolkas

Par une belle fin de journée d’été, famille et amis ont organisé un barbecue : de la nourriture grecque et indienne, du vin et de la bière en quantité, de la musique et des gens de tous les âges. Alors que les enfants entament une partie de cricket, une dispute éclate qui dégénère en bagarre. C’est alors qu’Harry, un adulte, gifle un enfant de quatre ans, Hugo.Cet incident va avoir des répercussions sur un certain nombre de personnes et sur huit en particulier.

Même si Béatrice a trouvé ce roman australien un peu mélodramatique, elle a aimé l'approche qui part d'un fait apparemment anodin et qui va perturber in fine la vie de nombreuses personnes.

 

Les coups de cœur de Linden

 

Un homme de tempérament de David Lodge

De sa plume claire, légère et souvent drôle, David Lodge brosse le portrait d’un homme qui voulait changer le monde : un fervent défenseur de l’Amour Libre dont le destin a été déterminé par de nombreuses aventures et mésaventures sexuelles qui non seulement compliquent sa vie privée mais nuisent à ses ambitions d’homme public. Si cet ambitieux roman pose la question de l’éternelle dualité entre idéal amoureux et réalité du désir, il fait aussi découvrir toute une époque à travers l’un de ses meilleurs représentants, H.G. Wells, l’un des écrivains les plus créatifs et prophétiques de sa génération. L’expansion du socialisme, la naissance des théories féministes, les deux guerres mondiales, les attaques aériennes, la bombe atomique… autant de thèmes d’un monde en pleine mutation qui ne sont pas sans résonance avec le nôtre.

Linden a lu ce roman dans la langue de Shakespeare, la sienne et qui est aussi celle de David Lodge. Elle a beaucoup aimé cette lecture qui lui a permis de mieux connaître H.G. Wells qui, sous ses dehors de coureur de jupons, a aussi été un défenseur de la cause des femmes.

 

 

Notre quelque part de Nii Ayikwei Parkes

C'est Yao Poku, vieux chasseur à l'ironie décapante et grand amateur de vin de palme, qui nous parle. Un jour récent, une jeune femme rien moins que discrète, de passage au village, aperçoit un magnifique oiseau à tête bleue et le poursuit jusque dans la case d'un certain Kofi Atta. Ce qu'elle y découvre entraîne l'arrivée tonitruante de la police criminelle d'Accra, et bientôt celle de Kayo Odamtten, jeune médecin légiste tout juste rentré d'Angleterre.
Renouant avec ses racines, ce quelque part longtemps refoulé, Kayo se met peu à peu à l'écoute de Yao Poku et de ses légendes étrangement éclairantes... Premier roman. Prix Baudelaire de traduction de l'anglais 2014 (SGDL) pour S. Fakambi, prix Mahogany 2014, prix Laure-Bataillon 2014.

Porté à merveille par une traduction qui mêle français classique et langue populaire d'Afrique de l'Ouest, ce roman époustouflant nous laisse pantelants, heureux de la traversée d'un monde si singulier. Un vrai coup de coeur que la bibliothèque a mis en commande pour le mos de décembre.

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 13:12

Les coups de cœur de Béatrice

 

Les cahiers d'Esther de Riad Sattouf

Ecrits d’après les histoires vraies d’Esther A., Les Cahiers d’Esther nous plongent dans le quotidien d’une fille de 10 ans qui nous parle de son école, ses amis, sa famille, ses idoles.

Cette BD n'est pas destinée aux enfants de l'âge d'Esther, mais à leurs parents car elle est le reflet d'une époque. Béatrice a été surprise que la mère ne soit pas plus présente et a été un peu déçue par le contenu.

 

 

Sans oublier la baleineSans oublier la baleine de John Ironmonger

À Saint-Piran, en Cornouailles, on se souvient encore du jour où le jeune homme nu a été rejeté sur la plage par l’océan. Une entrée en scène des plus originales. Les villageois se portent bien sûr à son secours : l’ineffable Dr Books, le glaneur Kenny Kennett, Demelza, romancière à l’eau de rose... ou encore la pimpante épouse du vicaire. Sans oublier la baleine, à l’arrière-plan, qui ne veut plus quitter la côte. Personne ne sait alors que Joe Haak a fui la City, terrorisé à l’idée que le programme de prédictions qu’il a inventé n’entraîne l’effondrement de l’économie mondiale. Avec ce nouveau venu, un sentiment de fin du monde vient contrarier la quiétude de Saint-Piran...

Il n'a pas été facile de rentrer dans cette histoire dont Béatrice a trouvé l'entrée en matière un peu longue. Mais au deuxième essai, elle s'est ensuite régalée de cette fable de fin du monde sur fond de trader et d'algorithmes qui est une vraie réflexion sur la nature humaine.

 

couvertureL'ombre du vent  de Carlos Ruiz Zafon

Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, « ville des Prodiges » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier Gothique : le Cimetière des livres oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets « enterrés dans l'âme de la ville ».

Un bon livre à suspens, même si celui-ci fléchit un peu au deuxième tiers du volume, qui emporte dans la ville de Barcelone. Ce récit fantastique nous parle aussi de livres et de lectures et comment la fiction se mêle à la vie.

 

Afficher l'image d'origineAfficher l'image d'origineVendredi ou la vie sauvage  de Michel Tournier

Vendredi ou les limbes du Pacifique  de Michel Tournier

Vendredi ou la Vie sauvage est un livre de Michel Tournier paru en 1971 aux Éditions Gallimard. Il est inspiré du livre Robinson Crusoé de Daniel Defoe. C'est l'adaptation pour la jeunesse de son livre Vendredi ou les Limbes du Pacifique, paru en 1967 et ayant reçu le Grand prix du roman de l'Académie française la même année.

Béatrice, profitant de ce que son fils doive lire la version pour la jeunesse de ce roman pour le collège, a procédé à une lecture parallèle des deux titres. Elle trouve l'expérience très intéressante, mais avoue que Vendredi ou les limbes du Pacifique est écrit avec une langue parfois difficile, notamment dans le vocabulaire utilisé.

 

Le coup de cœur de Fanfan

 

Noël en décembreNoël en décembre de Bernard Tirtiaux

Écrits d’après les histoires vraies d’Esther A., Les Cahiers d’Esther nous plongent dans le quotidien d’une fille de 10 ans qui nous parle de son école, ses amis, sa famille, ses idoles.

Fanfan en avait assez des romans durs et réalistes qui vous sapent le moral même s'ils sont très bons sur le plan littéraire. Elle a trouvé cette histoire belle, reposante et émouvante avec une très belle histoire d'amour. Alors ce n'est pas de la grande littérature, mais c'est agréable à lire !

 

 

Les coups de cœur de Catherine

 

Apaise le temps - Apaise le temps de Michel Quint

Une libraire, ça crée des dettes. D’argent parfois bien sûr, mais surtout de cœur. Lorsque Yvonne meurt, les souvenirs affluent pour Abdel, un jeune professeur de Roubaix. Il se revoit enfant entre les murailles de bouquins, prêt à avaler tout Balzac sans rien y comprendre. De là à accepter la succession, il y a un pas… que l’inconscient fait à l’aveuglette.

Un livre qui parle de livres, il n'en fallait pas plus pour séduire Catherine. Et elle a adoré cette histoire de libraire sur fond de guerre d'Algérie vue depuis la France et aujourd'hui.

 

 

Le Coeur entre les pagesLe cœur entre les pages de Shelly King

Maggie, 34 ans, vient d’être licenciée de la start-up branchée de la Silicon Valley où elle travaillait. Que faire sinon traîner au Dragonfly, la pittoresque librairie de livres d’occasion ? Lassé de la voir végéter, Dizzy, son meilleur ami, lui propose de participer à un club de lecture. Au programme : L’Amant de Lady Chatterley. Dans l’édition ancienne qu’elle déniche, Maggie découvre une mystérieuse correspondance amoureuse…

Autre histoire de livres et de librairie, ce roman est une vraie lecture d'été, légère et sympathique.

 

Les Derniers Jours de Rabbit Hayes Les derniers jours de Rabbit Hayes de Anna McPartlin

Quand Mia, surnommée affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre. Tous ses proches sont présents à ses côtés pour la soutenir. Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant, Davey et Grace, son frère et sa sœur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille, Juliet, sa fille de 12 ans qu’elle élève seule, et enfin Marjorie, sa meilleure amie et confidente. Au fur et à mesure que les jours passent et que l’espoir de la sauver s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont continuer sans celle qui leur apporte tant.
Car, si Rabbit a elle-même perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.

Le thème peut sembler rébarbatif et peu réjouissant, le deuil étant avant tout une épreuve. Mais l'auteur l'aborde ici de façon très constructive et le roman est, finalement et paradoxalement, gai et chaleureux.

 

Dans les prairies étoilées de Marie-Sabine Roger

Merlin, auteur d’une série BD à succès, perd son vieux copain Laurent, qui lui a inspiré son héros, Jim Oregon. Comment continuer à le faire vivre dans ses dessins, d’autant que dans son « testament », Laurent lui impose deux contraintes pour l’album à venir….

Ce roman parle de bandes dessinées. Il est tendre, drôle, fluide et plein de clins d’œil malicieux. Décidément, Marie-Sabine Roger est une valeur sûre !

 

 

 

Afficher l'image d'origine Poulets grillés de Sophie Hénaff

Le 36 quai des Orfèvres s’offre un nouveau patron. Faire briller les statistiques en placardisant tous ceux qu’on ne peut pas virer et qui encombrent les services : tel est le but de la manœuvre. Nommée à la tête de ce ramassis d’alcoolos, de porte-poisse, d’homos, d’écrivains et autres crétins, Anne Capestan, étoile déchue de la Judiciaire, a bien compris que sa mission était de se taire. Mais voilà, elle déteste obéir et puis… il ne faut jamais vendre la peau des poulets grillés avant de les avoir plumés !

.Et voici pour terminer un polar français se déroulant dans une brigade de bras cassés. Une histoire sympathique et drôle.

 

 

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 06:56

Le coup de coeur de Fanfan

 

Afficher l'image d'origineHortense et Queenie de Andrea Levy

Londres, 1948. Queenie Bligh tente de survivre après la disparition de son mari, Bernard, qui servait aux Indes dans la Royal Air Force. Elle prend pour locataires Gilbert Joseph, récemment démobilisé de la RAF, et sa femme Hortense, originaires de la Jamaïque. Cette dernière est choquée par la misère d'après-guerre dans laquelle vivent les Anglais.

Ce roman parle de l'exil des jamaïcains en Angleterre après la deuxième guerre mondiale. Ils pensaient être accueillis comme des rois et sont en fait traités comme des chiens. Un très beau roman.

 

 

Le coup de coeur de Béatrice

 

Afficher l'image d'origineLes carnets noirs de Stephen King

Moris Bellamy assassine le romancier John Rothstein, dont il est un fan inconditionnel, car il a pris sa retraite et ne publie plus les aventures de Jimmy Gold. Il le dépouille de ses économies et de ses carnets de notes. Mais Bill Hodges est un détective perspicace.

Depuis le dernier Club lecture, Béatrice n'a pas eu de vrai coup de coeur. Elle conseille malgré tout le dernier roman de Stephen King, même si elle trouve que ce polar n'a pas le charme de sa veine habituelle fantastique.

 

 

Les coups de coeur de Catherine

 

Afficher l'image d'origineMaudit Allende ! de Olivier Bras

En 1970, la famille de Léo fuit le Chili pour l'Afrique du Sud, en opposition aux idées de Salvador Allende. Alors qu'il a été élevé dans le culte du général Pinochet, son héritage familial se fissure lorsqu'il se rend à Londres et rencontre des exilés de la dictature. Avec sa compagne, une journaliste française, il part enquêter sur la réalité historique auprès des bourreaux et des victimes.

Catherine a vraiment beaucoup aimé cette BD dont le thème l'a ramené aux luttes de ces 20 ans. Le dessin est magnifique et le point de vue adopté par l'auteur surprenant. Malgré tout, elle a trois bémols (qui aime bien châtie bien !) :

- des difficultés de lecture du fait d'allers et retours chronologiques et aussi lorsque qu'on passe à des double pages où il faut d'abord lire de gauche à droite sur les deux pages

- le point de vue différent accouche d'une souris car rien ne sort de particulier par rapport aux autres analyses historiques de cette période

- le récit est trop léger sur Nixon et son rôle dans le coup d'état.

 

Afficher l'image d'origineComédie française : ça a débuté comme ça de Fabrice Luchini

Le comédien décrit son rapport à la scène, la place des livres de Céline et de la lecture dans sa vie personnelle et artistique, le quotidien de son métier, ses rencontres avec des personnalités du monde politique ou de la culture, etc. Les chapitres sont entrecoupés de fragments d'un journal écrit de juin à septembre 2015 dans lequel il se raconte au quotidien. Prix de la Coupole 2016.

Ce qui a intéressé Catherine dans cet ouvrage, ce sont les citations et les explications de textes de certains auteurs comme Céline, Roland Barthes (très drôle)... La lecture est donc un moment de littérature. Luchini écrit comme il parle : lyrique et cabotin, mais il nous met à côté des auteurs.

 

 

Afficher l'image d'origineLes chutes de Joyce Carol Oates

Lors de sa nuit de noces, l'époux d'Ariah Littrell se suicide en se jetant dans les chutes du Niagara. Alors qu'elle attend que l'on retrouve le corps de son mari, son avocat Dirk Burnaby est fasciné par cette femme étrange. Il la demande en mariage un mois après le suicide. Mais un scandale lié à la pollution de la zone des chutes cause leur perte. Prix Femina du roman étranger 2005.

Encore un roman sur la résilience, très fouillé psychologiquement, avec une belle intrigue.

 

 

Afficher l'image d'origineNègre de personne de Roland Brival

Léon-Gontran Damas, jeune poète guyanais engagé dans le mouvement de la Négritude, débarque à New York dans les années 1930. Il rencontre bientôt les membres de la National association for avancement of coloured people, mais aussi les intellectuels noirs de Harlem : Langston Hughes, Billie Holiday, etc. Il ne doute alors combien ce voyage va bouleverser sa vie et ses convictions.

Roland Brival est écrivain, mais aussi peintre et musicien. Son roman est très instructif sur ce milieu de la "Harlem Renaissance" (intellectuels noirs américains).

 

 

Afficher l'image d'originePeindre, pêcher et laisser mourir de Peter Heller

La vie de Jim Stegner, peintre, pêcheur et philosophe, dérape le jour où il décide de sauver une petite jument maltraitée. Il se retrouve au coeur d'une course-poursuite sans fin, devenu la proie de personnes ne plaisantant pas avec la vengeance.

Un vrai roman américain avec paysages grandioses de canyons où pêcher, chevaux maltraités, vrais gros méchants, poursuites de voitures et le beau personnage de Jim qui cherche un sens à ce qui lui arrive, mais aussi à son art.

Recommandé aussi par Véronique et Katia

 

 

PristinaPristina de Toine Heijmans

Albert Drilling reçoit du gouvernement l'ordre d'une mission concernant la reconduite des demandeurs d'asile dans leur pays d'origine. Il est envoyé sur une île au nord de la Hollande pour retrouver une migrante, nommée Irin Past. Soucieux de la reconduire dans de bonnes conditions, il se rend en Egypte, pays d'où elle dit provenir. Mais la jeune femme vient en réalité du Kosovo.

Le Club lecture avait déjà parlé du précédent roman de Toine Heijmans, En mer. L'auteur nous parle ici d'une actualité brûlante avec de très beaux passages entre Albert et Irin. Cette femme est complètement intégrée dans l'île où elle a trouvé refuge, mais lui la renvoie à une identité qui n'est pas la sienne. Elle bénéficiera même du soutien des autochtones.

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 13:20

Les coups de coeur de Catherine

 

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Etang de Berre : en quête d'une lagune cachée de Alain Freytet

Les nombreux croquis d’Alain Freytet réalisés lors du tournage du film « Etang de Berre en quête d’une lagune cachée », reflètent la multiplicité des paysages de la lagune. Etape par étape, suivant sa boucle autour de l’étang, Alain Freytet a croqué des visages de l’étang et d’acteurs rencontrés à l’occasion du tournage. Au gré de leurs échanges, les annotations qu'il a apportées à ses croquis font ressortir l’esprit d’un lieu exploré pour la première fois, et donne force à des détails figurant les patrimoines naturel et culturel. Les croquis y sont présentés sous forme d’un carnet de voyage qui permet de retracer la quête du paysagiste autour de l’étang.

La présentation sous forme d'un carnet de croquis, comme un récit de voyage, est très attrayante. Une clé USB présente un extrait du film qui est à l'origine de ce livre. Des lieux peu accessibles de l'étang sont présentés et permettent d'envisager quelques promenades dominicales.

 

Afficher l'image d'origineJe te vois de Béatrice Shalit

De la fenêtre de son cabinet de psychanalyste, Eva contemple l'agitation qui règne sur le chantier d'en face. Fascinée par ces hommes bottés, casqués et casaqués de jaune fluo, tel le grutier qui, du haut de son engin surnaturel, manipule des charges considérables avec une précision de couturière, elle regarde les ouvriers, mais les ouvriers, de leur côté, la regardent aussi. Surtout Louis, le chef de chantier, et Pedro, le grutier. Et à force de regarder, on finit par voir des choses...

Catherine a trouvé ce roman bien écrit. Il fait cohabiter deux mondes qui se croisent peu habituellement : le BTP et la psychanalyse.

 

 

Afficher l'image d'origineLe Train des orphelins de Christina Baker Kline

Entre 1854 et 1929, des trains sillonnaient les plaines du Midwest avec à leur bord des centaines d'orphelins. Au bout du voyage, la chance pour quelques-uns d'être accueillis dans une famille aimante, mais pour beaucoup d'autres une vie de labeur, ou de servitude. Vivian Daly n'avait que neuf ans lorsqu'on l'a mise dans un de ces trains. Elle vit aujourd'hui ses vieux jours dans une bourgade tranquille du Maine, son lourd passé relégué dans de grandes malles au grenier. Jusqu'à l'arrivée de Mollie, dix-sept ans, sommée par le juge de nettoyer le grenier de Mme Daly, en guise de travaux d'intérêt général. Et contre toute attente, entre l'ado rebelle et la vieille dame se noue une amitié improbable. C'est qu'au fond, ces deux-là ont beaucoup plus en commun qu'il n'y paraît, à commencer par une enfance dévastée...

Au départ, il y a un fait réel : entre 1854 et 1929, 200 000 orphelins ont quitté New York pour être donnés comme main d'oeuvre pas chère dans différents états américains. Dans le roman, cette période alterne avec aujourd'hui pour nous offrir une belle histoire de résilience.

 

Afficher l'image d'origineLe Libraire de Régis de Sa Moreira

La vie d'un libraire avec ses joies, ses peines, ses anciens amis, ses dix frères et soeurs, ses anciens clients, quelques témoins de Jéhovah, et Dieu aussi parfois.

Ce livre est un très gros coup de coeur de Catherine, ce qui a incité Véronique a le mettre dans sa table de nuit. Ce petit livre est vraiment plein de poésie et complètement inattendu. Et comme en plus il est maintenant édité en poche, Catherine n'arrête pas de l'offrir !

 

 

 

Les coups de coeur de Linden

 

Linden a essayé pour la première fois des livres lus. Ces livres se présentent sous la forme de CD mp3 où un texte est lu par un comédien. L'expérience s'est révélée très agréable, mais l'écoute doit se faire dans de bonnes conditions, en laissant du "temps de cerveau" disponible. Dans la voiture, certains textes trop prenants peuvent être dangereux et peu compatible avec la conduite d'après Catherine qui a raté une sortie d'autoroute en écoutant un polar... Toutes les deux sont d'accord pour dire que la lecture à voix haute du texte est une autre dimension du livre.

 

Afficher l'image d'origineL'éloge de l'ombre de Tanizaki Junichiro

Publié en 1933, cet essai défend une esthétique japonaise de la pénombre en réaction à l'esthétique occidentale où tout est éclairé. L'auteur s'emploie à comparer les divers usages de la lumière et de l'éclairage chez les Japonais et les Occidentaux. Il revendique la patine des objets par opposition à la manie de la propreté occidentale.

Texte lu par Angelin Preljocaj.

 

 

Le coup de coeur de Béatrice

 

Histoire d'Irène de Erri de Luca

Dans une langue épurée et puissante, Erri De Luca nous offre ici l’histoire d’une jeune femme vivant sur une île grecque qui passe ses nuits à nager avec les dauphins. Ce texte est accompagné de deux autres courts récits, «Le ciel dans une étable» et «Une chose très stupide».

Ce recueil avait été conseillé à Béatrice par Linden. Linden avait été très touchée par l'histoire d'Irène, mais Béatrice a encore plus aimé le court texte qui raconte l'histoire d'un vieil homme qui part au bord de l'eau vers le soleil et la chaleur.

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 09:23

Cela faisait un petit moment que nous n'avions pas pu nous réunir, alors forcément les coups de coeur sont plus nombreux Il a fallu choisir !

 

Les coups de coeur de Linden

 

Afficher l'image d'origineL'arbre du pays Toraja de Philippe Claudel

Un cinéaste au mitan de sa vie perd son meilleur ami et réfléchit sur la part que la mort occupe dans notre existence.
Entre deux femmes magnifiques, entre le présent et le passé, dans la mémoire des visages aimés et la lumière des rencontres inattendues "L'Arbre du pays Toraja" célèbre les promesses de la vie.

Ce roman qui parle des doutes sur la vie, du questionnement sur la mort garde de la légèreté malgré le côté profond de la reflexion.

 

 

Afficher l'image d'origineLes morts de notre vie de Damien Le Guay et Jean-Philippe de Tonnac

Quand il faut évoquer la mort, nous savons que... nous ne savons rien. Quand il nous faut parler des morts de notre vie - qui vivent encore en nous, habitent notre coeur -, les mots nous manquent. De cette perte, de la mort même, nous préférons ne pas parler. Et pourtant, les absents n'en finissent pas d'être présents. Nous en sommes les gardiens fidèles. A travers les entretiens qu'elles ont accordés à Damien Le Guay et Jean-Philippe de Tonnac, sept personnalités acceptent ici de témoigner.

Sur le même thème, Linden se souvient de ce document à base de témoignages et plus particulièrement des paroles remarquables de Juliette Binoche.

 

 

Le coup de coeur de Fanfan

 

Afficher l'image d'origineL'imposteur de Javier Cercas

En juin 2005, l'histoire d'un paisible nonagénaire barcelonais fait le tour du monde : Enric Marco,  le charismatique président de l'Amicale de Mauthausen, qui pendant des décennies a porté la parole des survivants espagnols de l'Holocauste, n'a jamais connu les camps nazis. Et l'Espagne d'affronter sa plus grande imposture, et Javier Cercas sa plus audacieuse création littéraire. Avec une mise en garde à ne pas négliger : « La littérature n'est pas un passe-temps inoffensif mais un danger public. »

Ce texte est à la frontière du roman et de l'essai. C'est une reflexion autour de la notion de vérité d'un point de vue moral et philosophique. L'imposteur est "un menteur qui dit toujours la vérité" (Cocteau) ce qui rend l'histoire très troublante, surtout si on y ajoute le contexte historique du post-franquisme où l'Espagne essaye de se reconstruire.

 

 

Les coups de coeur de Béatrice

 

Afficher l'image d'origineD'après une  histoire vraie de Delphine de Vigan

Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu'un écrivain ne devrait jamais croiser. Prix Renaudot 2016.

Le thème du roman pourrait être "y a-t-il besoin que ce qu'on raconte soit vrai pour rencontrer le lecteur ?" La lecture est prenante, avec un petit côté thriller.

 

 

 

Afficher l'image d'origineLe problème Spinoza de Irvin Yalom

Amsterdam, février 1941. Le Reichleiter Rosenberg, chargé de la confiscation des biens culturels des juifs dans les territoires occupés, fait main basse sur la bibliothèque de Baruch Spinoza. Qui était donc ce philosophe, excommunié en 1656 par la communauté juive d'Amsterdam et banni de sa propre famille, pour, trois siècles après sa mort, exercer une telle fascination sur l'idéologue du parti nazi ?

Le texte est un peu compliqué, mais intéressant, notamment sur la partie se déroulant dans le Amsterdam du XVIIIeme siècle. Béatrice a bien noté le côté machiste de Spinoza, certes assez courant à cette époque.

 

 

 

 

Afficher l'image d'origineLa vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker

A New York, au printemps 2008, alors que l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2015.

Béatrice avait déjà beaucoup apprécié "Le Livre de Baltimore" du même auteur. Dans ce roman, elle a trouvé suspens, émotions et des retournements de situation jusqu'à la fin.

 

 

Les coups de coeur de Catherine

 

Afficher l'image d'origineLa vie quand elle était à nous de Marian Izaguirre

Lola regrette le temps où son existence était peuplée de promesses et d'illusions, de livres et de discussions enflammées, d'amour et de projets pour bâtir une Espagne démocratique. L'espoir de 1936. Quinze années ont passé et ses rêves se sont envolés. Il ne lui reste de cette époque, à elle et à son mari Matias, qu'une petite librairie dans les ruelles sombres d'un quartier de Madrid. C'est dans ce modeste lieu de résistance culturelle que Lola fait la connaissance d'Alice, une anglaise hantée par son passé et particulièrement par la mort de l'homme qu'elle aimait. Intriguée par un livre en vitrine, Alice entraîne Lola dans une lecture singulière et bouleversante : La fille aux cheveux de lin, l'histoire de Rose, anglaise comme elle, soupçonnée d'être la fille du duc d'Ashford...

Premier roman traduit en français de cet auteur espagnol, ce livre se déroule en grande partie pendant la période du franquisme. Il s'agit en fait de deux livres en un puisque l'histoire espagnole des libraires contient l'histoire plus septentrionale (Normandie et Grande Bretagne) de "La Fille aux cheveux de lin". Un roman pour les amoureux de lecture.

 

 

Afficher l'image d'origineJoseph de Marie-Hélène Lafon

Joseph est ouvrier agricole dans une ferme du Cantal. Il a bientôt soixante ans. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires. Il est doux, silencieux. Il a aimé Sylvie, un été, il avait trente ans. Elle n'était pas d'ici et avait beaucoup souffert, avec et par les hommes. Elle pensait se consoler avec lui, mais Joseph a payé pour tous. Sylvie est partie au milieu de l'hiver avec un autre.

Un petit bijou ! Emouvant, très bien écrit et décrit... M.H Lafon sait toujours aussi bien transmettre le quotidien du monde paysan auvergnat, avec tous ces petits riens qui veulent dire beaucoup...

 

 

 

Afficher l'image d'origineUne antigone à Kandahar de Joydeep Roy-Bhattacharia

Une base américaine de la province de Kandahar en Afghanistan. Au loin, on distingue la silhouette d'une femme enveloppée dans sa burqa. Elle est descendue de la montagne en fauteuil roulant, puisque ses jambes ont été arrachées. Elle vient réclamer le corps de son frère, un chef tribal pachtoun abattu lors d'une offensive lancée contre les Américains. L'état-major reste méfiant : s'agit-il d'une soeur endeuillée, d'une kamikaze, d'une envoyée des talibans, d'un terroriste travesti en femme ou d'une tentative de diversion ? Sans jamais prendre parti, l'auteur donne la parole aux différents protagonistes - la jeune femme, l'interprète, le médecin, et plusieurs officiers ou soldats.

C'est un "livre choral", puisque chaque chapitre est consacré à chacun des différents points de vue, sans jugement, d'abord celui de la fille, puis ceux des différents soldats, du médecin, de l'interprète afghan. Chaque chapitre nous narre l'histoire personnelle de chacun, ses réflexions, ses doutes, ses soucis et en particulier, les questions des soldats vis à vis de cette guerre qu'ils font en représailles du 11 septembre mais pour laquelle ils ont de plus en plus de mal à soutenir le gouvernement afghan (qu'ils jugent corrompu) contre les talibans, leurs difficultés à distinguer les talibans des afghans sur le terrain, les tiraillements entre les différents niveaux hiérarchiques militaires dont les responsables se méfient jusqu'au dernier moment de cette fille qui pourrait être soit un piège, soit une kamikaze. La réponse ne nous est livrée qu'à la toute fin et encore, la fin étant très ouverte, le lecteur reste dans le doute. Mais finalement, ce n'est pas le problème, c'est plutôt l'occasion d'interroger les valeurs occidentales et les choix des hommes politiques d'envoyer des militaires sur le terrain qui se retrouvent au coeur de conflits insolubles et parfois troubles. Roman fort, bien construit, très accessible et très humain, que je n'aurais pas choisi s'il ne m'avait été recommandé tant le sujet est grave et difficile.

 

Afficher l'image d'origineAu bon roman de Laurence Cossé

Un fou de Stendhal et franc misanthrope, reclus dans un hameau de Savoie, est abandonné en forêt par des individus qui l'y ont amené de force en pleine nuit. Une très jolie blonde rôdée à la conduite automobile quitte brusquement une route qu'elle connaît comme sa poche. Un Breton sans histoire, habitué à faire chaque matin la même promenade au bord d'une falaise, trouve sur son chemin deux inconnus qui ont tout l'air de l'y attendre. Mais le lecteur comprend bientôt qu'on n'est pas dans un roman policier classique. Les agresseurs ne sont ni des agents secrets ni des trafiquants. Ils ne s'attaquent pas à des durs mais à des tendres, un ancien routard devenu libraire, une mécène mélancolique, et à une entreprise dont aucun des deux n'avait imaginé qu'elle pourrait fâcher. Qui, parmi les passionnés de roman, n'a rêvé un jour que s'ouvre la librairie idéale ? Non pas ce qu'on appelle une bonne librairie, où l'on trouve de bons romans, mais une librairie vouée au roman où ne sont proposés que des chefs-d'œuvre ? En se lançant dans l'aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l'affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l'équilibre financier ? Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était le succès.

Encore un roman à conseiller aux amoureux des livres et des librairies, mais aussi à tous ceux qui pensent qu'il est simple de ranger la production littéraire dans des petites cases : bon, mauvais, classiques, sans lendemain....

 

Afficher l'image d'origineL'intérêt de l'enfant de Ian McEwan

A l'âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate à la Haute Cour de Londres où elle exerce en tant que spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort et les croyances religieuses de sa famille interdisent la transfusion sanguine qui pourrait le sauver.

En parallèle de  sa réflexion sur les différents arguments qu’on lui présente (elle se rend au chevet du jeune pour l’entendre), le couple de Fiona se délite probablement aussi parce qu’elle est très prise par ces douloureux cas de conscience. C’est une belle réflexion sur la croyance et le fanatisme, les techniques manipulatoires dans les groupes sectaires (sans manichéisme aucun, juste un état de fait, une photographie) mais aussi sur l’amour filial. Il se noue une belle relation entre la juge et ce jeune, qui interpelle fortement Fiona… je ne peux en dire plus, la surprenante fin amène à un autre type de réflexion encore…

Béatrice a également beaucoup aimé ce roman.

 

 

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